— Pour quelqu'un —

Écrits pour d'autres

« Ces textes, je les ai écrits pour des personnes réelles, à partir de leur histoire. Un hommage, un manque, une reconstruction — mes créations, offertes à d'autres. »

Écrits pour quelqu'un, et publiés ici avec son accord. · Lire les écrits personnels →

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À celui qui m'a sauvé la vie à quinze ans

Sollicité pour prêter ma plume à une personne souhaitant honorer la mémoire d'un ami cher, j'ai composé ce texte retraçant leurs souvenirs et ses émotions qu'il a lu aux obsèques.

À toi, Guy
Mon ami,
Légionnaire,
Au cœur de pierre.
Je tiens à te rendre hommage.
Toi, l'homme si sage
Qui, durant cette soirée
A changé ma façon de penser.
Te rappelles-tu ce soir-là ?
Cette fois-là où tu m'interpellas ?
Vêtu de ton képi blanc ?
Pour discuter un peu sur ce banc.
Homme attentif,
Moi qui avais les nerfs à vif,
Tu as su m'écouter,
Et de ton vécu m'apaiser,
Tu as voulu que je partage ma souffrance,
Pour m'amener à la délivrance,
Mes idées noires, en un instant,
Se sont envolées comme un coup de vent.
À toi mon frère d'arme,
Pour qui coulent mes larmes,
Je tiens aujourd'hui
À te dire merci.
Je n'avais que quinze ans,
Mais ce soir-là j'ai appris qu'il fallait se battre.
J'ai vu en toi un être apaisant,
Qui veut aider les autres à combattre.
La vie envoie sur notre chemin,
Des gens qui changent notre destin.
Déjà si longtemps qu'on s'est rencontré,
Mais, à jamais tes paroles m'ont marqué.
Je garde de toi le souvenir,
D'un homme bon, prêt à s'investir.
Humble et fier,
Grâce à toi, j'ai échappé à l'enfer.
Homme d'honneur plein de valeurs,
Je crois qu'il est l'heure.
À travers ces mots, je te rends hommage,
À toi, l'homme si sage.
À mon tour je vais soulager ta peine,
En te guidant dans ton dernier voyage,
Que tu puisses le faire sans haine,
Et que dans l'au-delà tu gardes ton courage.
Jamais je ne t'oublierai,
Désormais, repose en paix.
Un jour où l'autre, on se retrouvera,
Pour toujours je sais que tu veilleras sur moi.

— Psyker
  1. Henry
    Merci beaucoup, tes paroles sont vraiment touchantes. Ça a été une magnifique expérience et on a bien réussi à s'accorder pour lui offrir ce texte. C'était une magnifique marque de confiance qu'il a eu en nous en nous le demandant. Cette demande a représenté bien plus — des personnes qui écrivent bien il y en a plein, et pourtant c'est à vous qu'il a fait confiance.
  2. Betty
    Merci, surtout qu'on a répondu exactement à ses attentes à travers ce texte. C'est juste génial.

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Un hommage si juste qu'ils l'ont encadré dans leurs locaux

À la suite de la demande d'une nounou qui souhaitait mettre des mots sur son quotidien, voici l'hommage qui a tant ému son agence qu'ils ont décidé de l'encadrer dans leurs locaux.

Les nounous ne sont pas juste là pour garder les enfants,
Elles ont de multiples facettes c'est vraiment bluffant,
C'est dans un rythme étouffant,
Qu'elles trouvent un panel d'idées décoiffant.

On peut parler d'elles comme des gestionnaires,
Même si ça fait partie de leur métier elles ne sont pas non plus seulement ménagères,
Elles sont aux petits soins dans leur rôle infirmières,
Et prennent au sérieux leur rôle de conseillère.

Ce métier n'est pas à la portée de tout le monde,
Car dans certaines situations elles ont le mauvais rôle qui gronde,
Et c'est en chantant avec les enfants qu'elles forment une ronde,
C'est dans le jeu que la confiance se fonde.

Pour le plus grand bonheur des enfants elles sont aussi décoratrices,
Tout en gérant le reste on peut sans problème les estimer organisatrices,
En jouant la magnifique carte de l'éducatrice,
C'est avec des concessions qu'elles sont négociatrices.

On leur demande d'être pédagogues,
Tout en jouant les psychologues,
Dans certains cas même musicologues,
C'est un magnifique métier très en vogue.

Il y a tant à dire sur les nounous,
Celles qui font des câlinous,
Celles qui sont aussi douces que des minous,
C'est un métier non reconnu à sa juste valeur malgré nous.

Ce n'est pas sans compter sur ce rôle de médiateur,
Avec les enfants elles se doivent d'être des meneurs,
Parfois elles doivent se comporter comme des acteurs,
Et elles font tout ça avec ardeur.

Merci à vous les nounous qui travaillez sans relâche,
Soyez fières de vous et de la valeur de votre travail.

— Psyker
  1. Marion
    Merci infiniment pour ce texte qui rend hommage à notre métier, je l'ai montré à mes collègues et nous avons décidé de l'encadrer au travail, nos clients aiment beaucoup.

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La lettre qu'un manager a écrite pour briser un silence d'un an

Un manager, ayant perdu le lien avec ses collaborateurs, m'a sollicité pour l'aider à briser un silence devenu pesant. Ce texte est le fruit d'une remise en question sincère, conçue comme une main tendue pour restaurer la confiance et le dialogue au sein de son équipe.

Mon équipe,
Cela fait déjà plus d'un an que nous travaillons ensemble,
Mais depuis plusieurs mois,
La communication est rompue.

Je souhaite que cela change,
Souvenez-vous de vos débuts à mes côtés ?
Vous rappelez-vous de l'ambiance qui régnait ?
Nous étions réellement une équipe.

Je sais que j'ai commis des erreurs,
J'ai cherché la performance au détriment de l'écoute,
J'ai été dans l'injonction plutôt que dans le conseil,
Je ne vous ai pas assez accompagnés sur vos missions.

Nous avons tous nos défauts et nos qualités,
Plutôt que de regarder uniquement ce qui ne va pas,
J'aurais dû aussi célébrer ce que vous accomplissez,
Et vous montrer la gratitude que vous méritez.

Si vous me le permettez,
J'aimerais que nous repartions sur un bon pied,
Pas parce que tout est oublié,
Mais parce que ce que nous pouvons construire en vaut la peine.

Je ne prétends pas que tout sera parfait,
Mais je m'engage à commencer par vous écouter,
Vraiment vous écouter,
Avant de décider quoi que ce soit.

Nous avons tous commis des erreurs,
Et nous en ferons d'autres,
Ce qui compte, c'est de ne plus rester dans le silence
Quand quelque chose ne va pas.

Ce texte n'est qu'un premier pas,
Ce qui compte maintenant,
Ce sont des actes,
Les vôtres et les miens.

— Psyker
  1. Eric
    Yohan, je tenais à te remercier pour ce texte. En tant que manager, on se retrouve souvent pétrifié par la peur de mal dire, ce qui finit par se transformer en un silence destructeur. Ce que ton travail m'a apporté, c'est bien plus qu'un simple 'mail d'excuses'. Tu as su mettre des mots sur des angles morts que je n'arrivais pas à formuler seul : cette distinction entre l'injonction et le conseil, et surtout, cette main tendue sans fausse promesse. Grâce à cette approche, le climat dans mon équipe a basculé en 24 heures. On est passé du reproche à la co-construction. Tu ne rédiges pas des messages, tu restaures des ponts là où on pensait qu'il n'y avait plus que des murs.

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La tête haute — texte d'une femme qui s'est relevée

Écrit à partir du témoignage d'une femme souhaitant mettre en mots sa reconstruction après des années de violence psychologique. Elle voulait un texte qu'elle pourrait relire les jours difficiles, pour se rappeler d'où elle vient.

Il était une fois
une femme qui croyait que c'était normal.

Fille d'un homme distant,
elle avait appris à ne pas trop demander,
à ne pas trop espérer,
à faire petite.

Alors quand il est arrivé avec ses mots doux
et sa façon de la regarder comme si elle comptait,
elle a cru que c'était ça, l'amour.

Elle n'a pas vu venir le reste.

Pas les coups — jamais les coups.
Quelque chose de plus insidieux.
Les mots qui rabaissent sans laisser de trace.
L'isolement qui ressemble à de la protection.
La culpabilité qu'on vous installe si lentement
que vous croyez l'avoir toujours portée.

Un jour, un mot de trop.
Un de plus dans une longue série.
Et pour la première fois,
quelque chose en elle a dit non.

Pas en criant.
En se levant.

Tant d'années à guérir de ce qu'on lui avait fait.
Tant d'années à réapprendre à s'entendre penser.
À se regarder sans chercher le défaut qu'on lui avait appris à voir.

Vous avez cherché à l'enterrer.
Vous ne saviez pas qu'elle était une graine.

Qui est-elle aujourd'hui ?
Elle ne le sait pas encore complètement.
Mais elle est là.
La tête haute.
Et ça, personne ne pourra jamais le lui reprendre.

— Psyker
  1. Soso
    Yohan, ce texte est devenu mon refuge. Quand je sens la culpabilité revenir ou que je doute de ma valeur, je relis la fin. Tu n'as pas seulement écrit mon histoire, tu m'as rendu ma fierté.

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Ce que je n'ai pas vu venir — récit d'une emprise

Écrit pour un homme qui voulait nommer ce qu'il avait traversé sans avoir les mots pour le faire. Pas une plainte. Une mise en ordre. Pour pouvoir, enfin, tourner la page.

Au début, c'est doux.

Une attention qui ressemble à de l'amour.
Une jalousie qui ressemble à de l'attachement.
Une dépendance qui ressemble à de la passion.

On ne voit pas.
On ne veut pas voir.
On réajuste, on explique, on s'excuse.

La première fois qu'elle m'a fait comprendre
que mes amis étaient un problème,
j'ai cru que c'était moi le problème.

C'est comme ça que ça commence.
Pas avec des éclats.
Avec des silences.
Des questions posées d'une certaine façon.
Des regards qui durent un peu trop longtemps.

Peu à peu je me suis rétréci.
J'ai vu moins de monde.
J'ai justifié l'injustifiable.
J'ai porté une culpabilité qui n'était pas la mienne
comme si elle m'avait toujours appartenu.

Ce que personne ne dit sur ce genre d'histoire :
ce n'est pas la douleur qui est la plus difficile à traverser.
C'est la honte.
La honte d'avoir laissé faire.
La honte de ne pas avoir vu.
La honte, absurde, d'en parler.

Alors on se tait.
Et le silence devient une deuxième prison.

Ce texte, c'est la fin du silence.
Pas pour accuser.
Pour nommer.

Parce que nommer, c'est le premier pas
vers quelque chose qui ressemble à la liberté.

— Psyker

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Échecs et Mat — la partie qu'on joue malgré soi

Écrit pour quelqu'un souhaitant raconter sa trajectoire : une enfance difficile, une période de dérive, une reconstruction. Il voulait un texte qui ne minimise rien — et qui ne s'apitoie pas non plus.

Ma vie a longtemps ressemblé à une partie d'échecs
dont je ne connaissais pas les règles.

On m'avait placé sur l'échiquier sans me demander mon avis.
Pion parmi les pions.
J'avançais d'une case, je me faisais capturer.
Je recommençais.
Je ne comprenais pas pourquoi je perdais toujours.

Il y a eu des années comme ça.
Des années de cases noires.
Des détours que je ne raconterai pas tous —
pas par honte,
mais parce qu'ils n'appartiennent qu'à moi.

Ce que je peux dire :
j'ai cru longtemps que c'était les autres qui me mettaient en échec.
Les circonstances. La malchance. Le monde.

Le jour où j'ai compris que c'était la maladie —
pas une faiblesse, une maladie —
quelque chose s'est déplacé.

Pas une guérison.
Un changement de perspective.

On m'a tendu la main.
Pas pour me porter.
Pour me montrer que je pouvais changer de pièce.

Aujourd'hui je ne suis plus un pion.
Je ne suis pas encore roi.
Mais je connais l'échiquier.
Je connais mes cases.
Et je joue ma propre partie.

Échecs et Mat — c'était leur version de mon histoire.
La mienne est encore en train de s'écrire.

— Psyker
  1. Pierre
    J'avais beaucoup aimé ton texte sur la parti d'échec dans mes écrits et je te remercie de t'en être inspiré pour raconter mon histoire comme je te l'avais demandé, c'est vraiment ce que je ressens merci

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Le manque — lettre à un père qui est parti

Écrit pour quelqu'un qui n'arrivait pas à adresser directement à son père ce qu'il ressentait. Pas une lettre d'accusation. Une lettre de vérité — celle qu'on n'envoie pas forcément, mais qu'on a besoin d'écrire.

Je ne t'en veux pas.
Je veux que tu saches ça d'abord.

Je ne t'en veux pas d'être parti.
Je ne comprends pas, mais je ne t'en veux pas.

Ce que je voulais, ce n'était pas grand-chose.
Pas ta présence à chaque instant.
Pas une perfection que personne n'est capable d'offrir.

Juste toi, de temps en temps.
Ton regard sur ce que je construisais.
Ta voix pour me dire que tu voyais.

Tu n'as pas su le faire.
Ou tu n'as pas pu.
Je ne saurai peut-être jamais lequel des deux.

Ce que je sais, c'est le vide.

Ce vide-là ne ressemble pas à la tristesse.
Il ressemble à une question sans réponse
qu'on porte partout avec soi
sans savoir qu'on la porte.

Pendant longtemps je me suis demandé
ce que j'avais fait.
Ce que je n'avais pas été.
Si j'avais été différent —
est-ce que tu serais resté ?

Il m'a fallu du temps pour comprendre
que cette question n'était pas la mienne à porter.

Je t'écris cette lettre
non pas pour que tu reviennes.
Non pas pour que tu t'expliques.

Je t'écris pour poser ce poids quelque part.
Pour qu'il n'occupe plus toute la place.

Je suis entouré.
Je vais bien.

Mais certains soirs, quand tout est calme,
le manque est encore là —
discret, fidèle, ancien.

Je voulais juste que tu saches.

— Psyker

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Certains de ces textes, je les ai écrits pour quelqu'un d'autre.